Une réforme du placement pénal des mineurs entrée en vigueur le 1er septembre 2026
Depuis le 1er septembre 2026, 85 unités judiciaires à priorité éducative (UJPE) relevant de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ont ouvert sur l’ensemble du territoire national. Ces nouvelles structures ont vocation à se substituer progressivement aux centres éducatifs fermés (CEF) et aux unités éducatives d’hébergement collectif (UEHC), qui constituaient jusqu’alors les deux principaux modes d’accueil des mineurs faisant l’objet d’un placement pénal.
Annoncée par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, le 26 novembre 2025, cette réforme refond en profondeur la prise en charge des mineurs délinquants placés sur décision judiciaire.
Le cadre juridique de la réforme
La mise en œuvre de la réforme repose sur deux textes successifs :
- la circulaire de politique pénale et éducative du 11 février 2026, qui fixe le calendrier et les modalités de transition entre les anciennes structures et les UJPE ;
- le décret du 12 mars 2026, qui introduit les unités judiciaires à priorité éducative dans le code de la justice pénale des mineurs (CJPM).
Pourquoi réformer les centres éducatifs fermés ?
Créés par la loi d’orientation et de programmation pour la justice du 9 septembre 2002, les CEF coexistaient depuis près de vingt ans avec les UEHC. Selon le ministère, la distinction entre ces deux modèles ne reflétait plus suffisamment la diversité des profils et des besoins des jeunes accueillis. Plusieurs rapports avaient en outre mis en doute l’efficacité des CEF en matière de prévention de la récidive, au regard notamment de leur coût.
La réforme poursuit donc deux objectifs : renforcer l’individualisation des décisions de placement et améliorer leurs conditions d’exécution, en plaçant l’accompagnement éducatif, l’insertion et la prévention de la récidive au cœur du dispositif.
Calendrier de déploiement des UJPE
- 1er septembre 2026 : ouverture de 85 UJPE, issues de la transformation de 19 CEF et 66 UEHC du secteur public ;
- d’ici 2028 : transformation progressive des 38 CEF du secteur associatif habilité, pour atteindre un total de 123 UJPE.
Un nouveau modèle fondé sur trois priorités : éducation, santé, sécurité
Chaque mineur placé bénéficie d’un emploi du temps individuel hebdomadaire, établi à partir d’une évaluation initiale de sa situation et de ses compétences, notamment scolaires. Le dispositif s’articule autour de trois exigences :
- Un parcours éducatif et professionnel : chaque unité dispose d’un professeur technique à temps plein, chargé de la formation, de l’insertion scolaire et professionnelle et du maintien ou du retour à la scolarité.
- La santé comme levier de prévention de la récidive : un poste d’infirmier par unité permet de repérer les troubles somatiques, psychiques ou addictifs et de faciliter l’accès aux soins, notamment pédopsychiatriques.
- Un encadrement renforcé et sécurisé : partenariat avec les forces de sécurité intérieure et protocoles stricts de prévention des fugues, afin de protéger les mineurs contre les risques d’emprise, liés notamment au narcotrafic ou au proxénétisme.
Capacités d’accueil et modalités de placement
Les UJPE comptent 8 à 12 places d’hébergement collectif, complétées le cas échéant par des solutions d’hébergement individuel : foyer de jeunes travailleurs ou résidence Habitat Jeunes, famille d’accueil, logement semi-autonome, sur site ou à l’extérieur. Elles peuvent également développer des prises en charge spécialisées selon les besoins locaux : addictions, santé mentale, préparation à la majorité, aménagement de peine.
Le ministère revendique ainsi le passage d’une logique de structure à une logique de parcours : un cadre contraignant lorsque l’autorité judiciaire le décide, associé à une prise en charge individualisée orientée vers la réinsertion.
Familles concernées : être accompagné
Si votre enfant fait l’objet d’une procédure pénale ou d’une mesure de placement, il est essentiel d’être conseillé. ADM IUS SERVICES vous informe sur vos droits et vous oriente vers un avocat spécialisé en droit pénal des mineurs, seul habilité à assurer la défense de votre enfant devant le juge des enfants ou le tribunal pour enfants.

